Review du concert de Three Silver Mount Zion Memorial du 5 novembre 2008 au Phare de Tournefeuille.
L'idée d'aller les voir en concert me trottait depuis longtemps dans la tête. Plus simplement quand j'ai vu la vidéo de Microphones In The Trees éditée par Back On Stage, cette idée s'est transformé en évidence.
http://www.dailymotion.com/video/x5rwje_back-on-stages-3a-silver-mt-zionmic_musicJ'ai donc pris mon pass pour la soirée du 5 novembre. Mon coeur a alors laché 3, 4 fois quand j'ai constaté que la salle était à 12km. Je me suis enquis de trouver un conducteur. Facile quand on est membre actif d'un forum Sigur Ros. Deux camarades toulousains se sont donc portés volontaires. L'heure avant le concert, j'étais un peu anxieux attendant sous la pluie devant la maison de mon pilote. Cette fois-ci aucun punk pour me faire boire !! Il s'est révélé que lui et sa copine étaient plutôt sympa. A noter que le mec est attaché de presse pour des groupes comme Sidilarsen, Psykup mais surtout Agora Fidelio.
A l'abri dans le Phare, la première partie a pris place. Bon, le Phare est une salle qui peut accueillir jusqu'à 2500 personnes. Ce soir là, on a eu le droit à une salle réduite qui a accueilli à peu près 100 personnes. En bref, on était pas les uns sur les autres. C'est donc le groupe Balicoton qui va préchauffer nos pavillons. Pas désagréable, mélodique, quelques chansons qui donnent envie de hocher la tête. Mais la chanteuse se marrait toute seule, son manque de sérieux ruinait complètement le spectacle. Le groupe ayant remercié l'intérêt qu'on a porté à leur set, il plie bagage, j'en profite pour m'avancer au plus près.
Efrim et ses camarades montent sur scène pour installer le matos. Aouch, ce mec rayonne de charisme, incroyable. Je tiens à préciser que ce gars à été considéré comme le front-man d'un des plus grands et mythiques groupe de post rock : God Speed You ! Black Emperor signé sur le label Constellation. Les amplis et autres boites à effet sont empilés les unes sur les autres, le tout complètement instable comme des termitières.
Efrim prend la parole. Il nous précise qu'ils sont contents d'avoir fait un voyage aussi long pour trouver une salle où il ne pleut pas dedans. Il ajoute ensuite qu'ils s'appellent les Smashing Pumpkins de Chicago et que la chanson qui va suivre s'intitule Ma vie de merde. Elle parle de sa nouvelle Lamborghini cassé. Finallement, c'est 1,000,000 Died to Make This Sound qui va étrenner le set.
Et quel morceau transcendant !! La première partie du morceau calme et mené par les voix des deux violonistes se laisse courcircuiter par le chant contre temps mais incroyablement juste de Efrim. Ce dernier envoient ses plaintes vers le ciel dans un jet de postillons roses colorés par les lumières offrant une aura quasi-religieuse à l'instant. La contrebasse et la batterie rentrent à leur tour transformant le morceau en cataclysme de décibels qui croient à n'en plus finir noyant les cris déchirants.
On reprend nos esprits dans un tonnerre d'applaudissements. Efrim passe vite sur le fait qu'un nouveau président américain a été élu : la chanson fonctionne toujours. Il y a d'autres pays en guerre. God Bless Our Dead Marines, cette hymne plus mélodique est marqué par le chant plus présent de Efrim. Toujours aussi incroyable sa façon de chanter, le visage noyé dans de longs cheveux bouclés.
Take These Hands and Throw Them In The River, cette chanson ne me dit rien du tout. Efrim se marre car tout le matériel est cassé sur scène, sa voix et son coeur. Mais il ajoute qu'il a des mains magnifiques. Ils nous les montrent sous toutes les coutures. Ce morceau est beaucoup plus noise, ce n'est pas pour me déplaire mais les salves de contre basse menacent de m'arracher les organes un par un.
La chanson suivante est introduite à nouveau par une blague second degré du front-man. Black Waters Blowed / Engine Broke Blues. Ou plutôt deux chansons. Il nous explique dans un long monologue l'idée que traduit la première chanson et ajoute que la seconde partie parle d'autre chose ... Ce mec est incroyable, il passe du second degré à un sérieux, une tristesse, une sensibilité écorchée dès que les premières notes de violons s'imposent.
Le morceau suivant est un inédit au nom à rallonge. I Built Myself a Metal Bird, I Fed My Metal Bird the Wings of Other Metal Birds. Ce sera le morceau le plus rock de leur set. Je suis à deux doigt de l'hémorragie interne. Il y a une très bonne ambiance dans la salle, un respect énorme des chansons ce qui favorise énormément le sentiment intimiste et fédérateur qui anime la soirée. Le groupe fait aussi parler le public. Une dame va d'ailleurs demander s'ils parlent anglais. Ils vont répondre les yeux aux ciels, l'air désabusé, que oui, on parle anglais et ça depuis le début du spectacle ...
Vient enfin le morceau qui est cause de ma présence. Microphones in the trees. Juste à l'annonce du morceau un mec devant moi hurle, je lui fait écho pour terminer par des applaudissements. Efrim nous promet pas un, pas deux, pas trois mais quatre morceaux supplémentaires alors qu'on a déjâ jouer le quota de chanson sur les autres dates. Etouffé par trop d'exigeance sur ce morceau, j'arrive pas à rentrer dedans. D'ailleurs quand il s'est enregistré sur le haut parleur et qu'il a repassé la bande, ça m'a fait plus marrer qu'autre chose. Je l'ai trouvé un peu trop court. Je dis ça mais il a quand même du durer bien 6 minutes. Et je dis ça mais j'avais la chair de poule sur à peu près tout le morceau.
Le groupe nous remercit et part. Les hurlements dans la salle se font plus intenses alors le groupe décide de jouer une autre chanson. Horses In The Sky clotûre en douceur le set mettant fin à ce voyage onirique. Planant, intense, douloureux, lunaire et unique. Je ne suis vraiment pas déçu du spectacle. J'en garderais un souvenir mémorable, de la force dégagée par les titres joués, des voix entremélés des différents musiciens et du charisme du groupe, j'aurais été témoin. J'y étais.
SETLIST Silver Mount Zion :
1,000,000 Died to Make This Sound
God Bless Our Dead Marines
Take These Hands and Throw Them In The River
Black Waters Blowed / Engine Broke Blues
I Built Myself a Metal Bird, I Fed My Metal Bird the Wings of Other Metal Birds
Microphones in the trees
Rappel :
Horses In The Sky